Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Il était une fois en ELLEDRYN...

Il était une fois en ELLEDRYN...

Je suis une Histoire, et avec mon auteur, je vais essayer de vous démontrer qu'il y a une vie après la lecture...


J'existe

Publié par Raïzon Bérus sur 11 Septembre 2011, 15:48pm

Catégories : #bonus

J'existe

Le dernier druide, depuis sa création, a fait des petits...

Ce texte a été écrit suite à une rencontre avec des collégiens. Il fallait écrire un texte à partir d'une image (que j'ai retrouvée) : Un homme court poursuivi par une main géante tenant une pince à épiler

 

 

J’existe

 

 

            Il y a des jours où je laisserais bien ma place à d’autres.

 

            Résidence “ Le Paradis ” : Avril 2033

 

            Quand Pierre est venu me voir il y a quelques temps de ça en me disant : “ Patron, on a un problème ! ”, je crois que j’ai éclaté de rire. Il faut toujours qu’il dramatise toutes les situations un peu délicates.

            -Allons ! Calme-toi et explique-moi ça, lui ai-je dit, d’un air décontracté.

            Mon attitude tranchait avec celle de Pierre. Des perles de sueur dégoulinaient dans ses yeux, il passa sa manche sur son visage. Il s’approcha de mon bureau, ses mains tremblantes faisaient tinter les clés qu’il tenait.

            -Nous avons été repérés, lâcha-t-il.

            Cela arrivait parfois mais les conséquences étaient souvent négligeables. Je me redressai et l’écoutai attentivement.

            -Un savant vient d’inventer un appareil de détection, poursuivit-il. La technologie utilisée est très en avance par rapport à nos prévisions. Le problème, c’est que grâce à son invention, il peut mettre à jour toutes nos activités.

            Après être revenu de ma surprise, j’ai demandé à Pierre de me fournir l’ensemble des explications.

Il m’apprit que ce savant, Natheraz Séjus, avait été boulé de toutes les universités pour incompatibilité de caractère. N’ayant aucune ressource pour mener à bien des expériences avancées, nos services s’étaient tout naturellement désintéressés de lui. On croyait même qu’il était mort. Ce n’est que par hasard que nous apprîmes le résultat de ses recherches.

            Séjus, avait décidé d’aller parader auprès d’un de ses anciens collègues. C’est là que nos services le découvrirent.

            Ensuite, un agent l’avait filé et s’était rendu compte rapidement de l’étendue de la catastrophe.

Pierre n’était pas directement le responsable de ce désagrément mais il se sentait coupable. J’ai donc décidé de prendre les choses en mains.

            J’ai ordonné immédiatement de mettre en alerte maximum l’ensemble de nos agents de renseignement. Il fallait ficher à tout prix tous ceux susceptibles d’être mêlés à cette affaire.

            Il n’était pas raisonnable que l’ensemble de nos activités soit étalé au grand jour.

            Bien sûr, par le passé, des personnes eurent des contacts avec certains de nos collaborateurs, mais ce ne fût qu’à mon initiative, et pour des raisons bien précises. D’autres contacts eurent lieu par la faute de notre négligence, c’est vrai,  mais uniquement dans des endroits restreints et avec un nombre de gens limité.

            Rien d’alarmant ! Juste ce qu’il faut pour entretenir les fabulations de quelques marginaux.

            Mais là, l’invention de Séjus pouvait permettre à quiconque de venir s’immiscer dans nos affaires.

            J’ai ordonné alors, sans état d’âme, l’envoi d’un groupe de nettoyeurs. Tout devait disparaître.

            Nous suivîmes avec Pierre le déroulement de l’opération.

            Le meilleur de nos commandos s’envola vers le domicile de Séjus. Ils se déployèrent rapidement en formation de combat. Rien ne serait laissé au hasard. C’étaient des professionnels, des spécialistes.

            Mais ils étaient attendus. Une bombe explosa à leur approche recouvrant d’une nuée ardente les buissons alentour. Ils se mirent tous à couvert en un éclair. L’onde de choc les bouscula mais ils purent se relever sans mal et sans y laisser leurs plumes.

            Séjus, qui s’était positionné en retrait, lâcha un juron. Il avait, sans doute, pensé se débarrasser de mes hommes d’élite avec une simple charge de nitro. Il fut bien surpris.

            Nous remarquâmes qu’il avait réussi à adapter son invention sur une paire de lunettes ordinaires. Très ingénieux ! Mais “ voir ” n’est pas “ savoir ” !

            Il pouvait détecter notre présence mais pas nous échapper.

            Une fois repéré, mes agents se lancèrent à sa poursuite.

            Séjus, pris de panique, arrêta un véhicule et en fit sortir le conducteur. Il s’installa au volant et écrasa l’accélérateur. La voiture bondit et, le commando à ses trousses, s’engouffra dans la circulation.

            Sejus perdait du terrain. Le caporal Angel arrivait à sa hauteur quand le fugitif sortit de sa poche un boîtier de la taille d’un téléphone portable. Il appuya sur le bouton, et le caporal s’évanouit dans les airs.

            Après un instant de stupeur, les autres agents, sous le coup de l’indignation, voulurent venger leur camarade. Ils se ruèrent alors sur la voiture mais subirent tous le même sort.

            J’étais atterré. Comment un si minable scientifique avait pu réussir la prouesse de mettre nos activités à nu et par la même occasion trouver un moyen de nous éliminer ?

            Je me tournai vers Pierre. Il respirait profondément.

            -La situation se complique, dis-je. Nous allons devoir prendre des risques.

            -Effectivement, si nos agents ne peuvent plus intervenir efficacement, nous allons devoir faire appel…

            -A un fanatique ! Oui, je sais.

            Je grimaçai à cette éventualité. Les spécimens de ce genre me dégoûtaient.

            Cependant, il arrive parfois que les circonstances nous poussent dans nos derniers retranchements.

            -Je m’en occupe ? demanda Pierre.

            Je baissai ma tête, poussai un soupir.

            -Oui ! Je souhaite rester seul un moment ! dis-je. Tenez-moi au courant quand le fanatique sera au contact de Sejus.

            -Bien ! conclut Pierre en refermant la porte derrière lui.

            Resté seul, je soupirai de nouveau. Je ne connaissais que trop bien la procédure. Le fanatique allait subir une vision le guidant vers “ l’ignoble traître ”. Il devait le tuer pour la “ bonne cause ”. Le paradis lui serait alors acquis pour l’éternité. Ça marchait à chaque fois, et puis il ne nous restait plus qu’à sacrifier le tueur.

 

            -Le contact est établi, m’informa Pierre.

            Je sursautai, je m’étais sans doute assoupi.

            Sejus avait été rattrapé dans une usine désaffectée. Il était là, visiblement serein face à l’homme tourmenté qui lui faisait face. Avec ses lunettes et sa coupe de cheveux, il avait un côté John Lenon, la barbe en plus. Et dire qu’il allait se faire assassiner, comme ce chanteur, par le fanatique qui brandissait déjà un énorme couteau de boucher au dessus de sa tête.

            -Meurt ! Suppôt de satan, vociféra-t-il, les yeux révulsés.

            Il se jeta sur Sejus. Il lui arracha les lunettes, leva le couteau et l’arme transperça le cœur du savant. L’instant qui suivit, le fanatique retournait le couteau contre lui.

            -C’est fini ! lâcha Pierre.

            J’acquiesçai, mais un sentiment de malaise persistait.

            C’est alors que Sejus se leva.

            Sans un regard en arrière, il sortit de l’usine aussi calmement que s’il sortait du cinéma.

            Ma colère monta alors d’un coup. Un orage éclata dans un concert d’éclairs éblouissants et de tonnerre assourdissant.

            Sejus se mit à courir. Il n’était pas question de le laisser filer, c’est moi qui allai m’en occuper personnellement. Tant pis pour l’éventuelle bavure !

            Je décidai de l’épingler moi-même pour avoir une petite conversation. Je réussis à me saisir de lui du premier coup. Une chance !

            Je le relâchai face à moi et pris une attitude la plus terrifiante possible.

            Malgré cela, le plus étonné des deux ne fût pas celui que l’on croit.

            Il me regardait d’un air de défi.

            Je tapai du poing sur la table pour l’impressionner et il enleva son masque, calmement. Je vis des stigmates sur ses mains.

            -Tu te rends compte papa, me dit-il. Tout ce que je dois faire pour que tu t’aperçoives que j’existe aussi.

            Je me suis alors affalé dans mon fauteuil, à moitié soulagé.

            C’est vrai ! Déjà, il y a 2000 ans, pour attirer mon attention, il avait mis un sacré bazar.

Commenter cet article

valérie 08/10/2011 11:35


j'aime beaucoup ce texte qu'il faut lire jusqu'à la fin pour connaître le dénouement: bravo, c'est très réussi !


Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents